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Epilogue

A 14 ans, je rentre du football, et chemin faisant, pour la première fois je me pose la question : d’où est-ce que je viens ? Qui suis-je ?             
Je suis Xavier Meyer, le fils de mes parents. Je le sais, je les vois, les entends, je peux les toucher, et même les sentir.                                        Aujourd’hui, mes parents, mes grands-parents sont morts, mais où sont-ils à présent ? Peut-être à l’endroit où j’étais avant de naître ?  
Je ferme les yeux ; « Allo ! quelque chose ou quelqu’un là-haut dans l’espace ? » Un voile noir apparaît alors : je rouvre mes yeux pour ne pas tomber. Je les écarquille, puis d’un léger mouvement de la tête vers le haut, presqu’imperceptible, je chasse ces pensées, je passe à autre chose…Un élan de spiritualité vite réprimé.                                      
Mais alors, à 14 ans que me réserve l’avenir ?                                    
Et aujourd’hui, à 76 ans, que me réserve encore l’avenir ?

Ce matin, chez Hilaire, Le pâtissier de Papeete, je referme les yeux et réduis mon rythme biologique en remplissant mes poumons d’air frais, puis en expirant le plus doucement possible. En répétant cette inspi/expi un voile noir s’épaissit, et tout naturellement, inspirations, et expirations adoptent leur rythme de base (pour moi 45/mn).

Relaxation, contemplation, sensation de lévitation. J’entre en médi- tation. Qu’ai-je fait de mon passé ? Que sont mes tendres années devenues ?  Si ce manuscrit les décrit, et s’il n’en dégage pas le sens, je me propose de le déceler dans ce court épilogue et dans d’autres épisodes à venir, peut-être un peu plus tard. Et si je n’en saisis pas le sens profond, je me contenterai de suggestions, explications et/ou raisons de chacune de mes actions. Et puis, ce livre, ce carnet de brousse, je l’ai écrit pour me montrer à moi-même, et au système, que j’ai encore une valeur propre. S’il est vrai que la religion du futur, le DATAÏSME, est déjà en œuvre à présent, alors je me dois d’aller au-delà des expériences que j’ai vécues, en les enrichissant par leurs transformations en données, en “ Data“, pour les faire circuler sur la Communauté des communautés, c’est-à-dire, sur l’Internet. 
Sur le Net. .Net et clair : voilà pourquoi à la présente version manuscrite de mes tribulations, publiée présentement sur papier velin supérieur, j’ai ajouté une version numérique publiée sur mon site : 

 www.mercialunivers.com .

Publié sous WordPress, au-delà des mots (c’est-à-dire de la littérature) le récit s’enrichit des sons et des images, des explosions et des chansons, des caresses et coups de poing, du goût et des odeurs de cuisines mais aussi des égouts, restituées par les photos, et les vidéos avec en arrière-plan, des gens qui agissent, parlent, témoignent, acceptent ou rejettent, et aussi parfois, des reportages riches en ressentis, émotions et sentiments. 

Un service rendu aux algorithmes de Google et de Face Book, pour ne citer qu’eux, qui me connaissent peut-être déjà mieux que je ne me connais moi-même. Mais attention dans ce nouveau paradigme, la disparition de l’humanité se profile à l’horizon…………… 
« Nous n’aurions alors été, dans l’espace et le temps qu’une brève ondulation diluée, noyée, submergée, par le flot universel des informations quantiques portées par les Datas de tous les objets.  Et moi-même, juste un brin de pensée, flottant dans un continuum éternel »…..(Lol)… Ouf !                                . 
(D’après Yuval Noah Harari dans “Homo Deus“).

En attendant, présentement, je suis, on l’aura compris, un ingénieur pour l’eau potable. J’obtiens mon diplôme en 1968, l’année de la révolution altruiste lorsque s’institue l’aide des pays riches vers les pays pauvres. L’accès à l’eau potable pour les pays les plus démunis est prioritaire. J’y travaillerais pendant 50 ans dans 25 pays. Contribuant, avec les autres……..à l’alimentation en eau potable de 50 millions d’êtres humains, dans 25 pays.                                      .

Des bailleurs de fonds, des ONG, des Autorités et des populations bénéficiaires, souvent malmenées, affamées, épuisées, assoiffées, des entreprises, des amis dans tous les pays, des religions multiples, et des femmes aussi, des chances et des dangers et des crises humanitaires, ont façonné en moi, en l’ingénieur de l’eau, si l’on préfère, une personnalité transculturelle.                             .
Pour terminer ce livre je crois bien faire en mettant en exergue “ma Baraka“, mes chances et ….mes ballades à moto, puis les femmes qui ont compté dans ma vie. Les moments les plus chargés en ressentis, sentiments et émotions. Des moments tendus durant lesquels j’ai vraiment vécu l’instant présent. Intense, instantané et jamais différé.                                   .
Mes chances les voilà, mes chances, ma Baraka, sans laquelle je serais mort dix fois :

– A 17 ans je survis à un coup de feu, tiré à bout portant par mon copain Roger, et qui me traverse la gorge.

– Un mois plus tard les cours de maths du père de Roger me révèlent mes talents en maths et m’orientent vers une vie d’ingénieur. Une chance que je ne soupçonnais pas encore.

– A 24 ans, l’obtention de mon diplôme coïncide avec le début des programmes de développement du tiers monde, à l’origine d’un besoin affirmé d’ingénieurs hydrauliciens. Une vraie chance pour moi.

– A 24 ans : « emporté par la foule, qui me draine et m’entraîne » traversant la place D’jema el Fna à Marrakech, un assassin me bouscule et plante un poignard dans le dos de la personne devant moi qui s’écroule à mes pieds.

– A 42 ans : une semi-remorque fou, et sans conducteur, lourdement chargé dévale sans un bruit, une pente prononcée. Il croise alors le chemin que je viens d’emprunter, à pied. Il poursuit sa course et entre à toute vitesse dans un parking où il détruit complètement quatre véhicules en stationnement. A 15 secondes près, j’étais mort.

– A 44 ans, au Sénégal : nous faisons une campagne de forages en Casamance, dans la zone forestière abritant une rébellion depuis des années. No problem pour nous. Des experts allemands n’ont pas eu la même chance au même endroit, la même année.

– A 47 ans, en Guinée forestière, grâce à mon engagement personnel, un soir, une chance : j’ai pu secourir une centaine de réfugiés en détresse, à la frontière léonaise, des jeunes, des vieux et des vieillards, hommes, femmes, enfants. 

– A 47 ans au Niger deux lions adultes, sont introduits dans ma chambre. No problem. Chance à moi.

– A 48 ans en Guinée Conakry, pendant le couvre-feu, là où mon 4×4 étant immobilisé dans une flaque d’eau, j’ai eu le temps de compter 17 militaires guinéens courant vers moi, mitraillette en bandoulière. J’essayais juste de contourner leur barrage en empruntant un chemin de traverse pour aller danser au « coton club ».

Ma chance : j’ai pu arranger ça en discutant au milieu de la nuit avec un commissaire de police. Finalement plus de peur que de mal !

A 49 ans toujours en Guinée, je décide à la sortie d’un dîner en ville avec des amis, de rentrer à l’hôtel en empruntant une longue portion de route, toute droite mais en sens interdit. Ceci pour éviter une bonne partie des 17 barrages de police ou de l’armée auxquels il fallait s’arrêter. Chaque contrôle prenait du temps, et rejoindre l’hôtel pouvait durer entre une et deux heures. Seulement voilà, un tank était en poste au bout de la ligne droite. En approchant, nous réalisons que la tourelle du tank est en train de pivoter pour pointer son canon tout droit sur nous.  Ça fait un drôle d’effet et redoutant le tir, donc le pire, nous n’étions pas vraiment rassurés. Cependant nous voyant avancer, lentement vers eux, phares réduits et clignotants rouges, les soldats écartent finalement les barrières et nous laissent passer, en nous saluant au garde à vous. Pourquoi ? Ils avaient reconnu le drapeau bleu des Nations Unies, qui flottait à l’avant gauche du capot de notre véhicule. En effet le représentant en Guinée du HCR estimant que sortir seul le soir, à pied, était dangereux, me prêtait parfois son 4×4 diplomatique. Plutôt sympa, n’est-ce pas? Plus de peur que de mal.                                       .
– A 50 ans, au Zaïre, lorsque j’apprends que Ricardo, l’ingénieur que je venais remplacer a été tué, quelques jours avant mon arrivée, lors d’une réunion de coordination à Bujumbura la capitale du Burundi. Un témoin du HCR me raconte : “les militaires en bleu – tutsi – ont fait irruption dans la salle de réunion, et ont mitraillé, sur Ricardo, puis à la ronde…je me suis précipité sous la table. Et j’ai eu la vie sauve“. A ce qu’il sait, Ricardo connaissait un général tutsi, qui lui avait confié des projets secrets qu’il ne fallait pas dévoiler… ce que Ricardo entendait faire ! 

– A 50 ans toujours, une bombe explose sur la place du marché de Bujumbura, alors que j’étais en train d’y effectuer mes courses. La place, pleine de monde c’est vidé en moins d’une minute.

 – A 51 ans, quelques jours après mon départ du Zaïre, quatre ingénieurs hydrauliciens venus pour l’extension du programme au Burundi, sont fauchés dans leur 4×4 par une rafale de mitraillette.

 – A 52 ans pas de problème au Mali, au Nord de Tombouctou, malgré la présence des terroristes islamiques d’Al Quaïda.

– A 55 ans, en Albanie, où le HCR mets à ma disposition, dès mon arrivée, le  4×4 d’un collègue (chef au niveau mondial de l’hydraulique au HCR) touché par une balle à la tête,  quelques jours avant, lors d’une embuscade à Tirana, la capitale.

– A  61 ans, je suis en Algérie sur un grand chantier de barrage. Un matin 14 topographes algériens périssent dans l’explosion du minibus qui les transportent  au chantier. Minibus garé à 30 mètres de ma chambre, percuté par une camionnette bourrée d’explosifs, devant notre immeuble de résidence à Bouira.

– A 62 ans pas de problème non plus dans le Nord du Tchad, pourtant en partie occupé par la rébellion à Hissène Habré. 

– A 63 ans toujours en Algérie une bombe ravage le siège de l’ONU à Alger.

– A 67 ans au Maroc, sur l’autoroute Casa/Rabat, je subis en voiture un caillassage en règle, par une foule en colère, à la sortie du stade de foot Moulay Abdallah. Le pare-brise explose et de forts impacts sur les portières. Une bande de jeunes accoure vers ma voiture. Je suis sauvé par un 4×4 qui a dissipé la foule en arrivant à mon niveau, à tout allure et klaxon à fond.   Chance encore, et je m’en sors sans une égratignure.

– Plus généralement entre 1991 et 1998, donc pour moi de 47 à 54 ans, nous avons sillonné le Sahel à moto, en long, et en large : Maroc, Mauritanie, Gambie, Guinée eq. et Afrique noire: Sénégal, Mali, Burkina Faso, Cote d’ivoire, Guinée, Bénin, Togo, Niger, Tchad, Nigeria. Plus la France et l’Espagne. Nous avons trouvé une Afrique globalement en conflit avec des rébellions internes et nécessairement externes car les rebelles trouvent refuges dans les zones frontalières et/ou désertes. Citons en particulier la boucle du Niger autour de Tombouctou, repaire d’Al Caïdat et Acmi (Al Caïdat au Maghreb Islamique), le Mujao à la frontière du Tchad, Poko-Haram plus les deux rebellions Touaregs de la région du fleuve et le Front islamique arabe de l’Azawad.  Sans oublier Daech présente au Mali depuis plus de 7 ans.

Nous ne roulions quasiment jamais sur les routes goudronnées, plutôt sur des pistes peu, voire très peu fréquentées. Et nous n’avons jamais rencontré de rebelles, et c’est tant mieux.

Merci donc une fois encore à l’Univers pour m’avoir doté de cette Baraka.  

                             .

La moto enduro 1

France, Espagne, Maroc, Mauritanie, Gambie, Guinée éq. et Afrique noire: Sénégal, Mali, Burkina Faso, Cote d’ivoire, Guinée, Bénin, Togo, Niger, Tchad, Nigeria

La moto enduro n’est ni le cross, ni le road trip. Elle est tout simplement la moto tout-terrain. C’est à dire la route et la piste. Mais sans la contrainte de la vitesse, sans concurrence et sans rivalité. C’est plutôt une bande de copains, mordus par le même désir de sortir des sentiers battus, de côtoyer la nature et, du coup les animaux, les hommes, les autochtones, leurs femmes et leurs enfants, leurs villages, leurs maisons, leur fleuve, leurs lacs, et leurs cultures,…. et aussi leurs points d’eau. Voir et comprendre, se faire expliquer, montrer leurs ressources, pêche, chasse, cueillette, et bien sûr l’eau, source de vie.

الماء هو الحياة، لا توجد حياة بدون ماء“ en arabe littéraire

” El Ma Owel haiat, Makench Haiat bidouni Ma” en arabe phonétique               . 
“ L’eau c’est la vie, y a pas de vie sans eau, en français “.

L’intrusion soudaine, forcément bruyante, dans un village d’une horde de motards, casqués et bottés se mue, après un temps de surprise, voire de stupéfaction, en calme et premiers contacts. Le plus audacieux marche vers nous, et nous nous serons la main. On va chercher derechef le chef de village. Un petit groupe s’agglomère où les langues se délient et les commentaires vont bon train. Évidemment nous n’y comprenons rien, mais ne pouvons rester insensibles à l’ambiance souriante et joyeuse. Ils, ou elles s’approchent et touchent, caressent la carrosserie des motos. Bon, parfois un habitant parlant français nous rejoint, mais le plus souvent, les échanges se basent sur des signes, des gestes de mains et sur des postures, attitudes, inférences faciales que nous comprenons tous, par-delà tous les pays de ce vaste monde. Nous, les ci-devant motards, parce que nous sommes depuis quelques années résidents en Afrique, eux parce qu’ici ces inférences sont les leurs. Des gestes vers le/les corps (moi, j’ai chaud : on m’apporte de l’eau…etc.), les questions usuelles posées dans des bribes de bichlamar (nous: el trek- le chemin de – Marrakech? ), (eux, curieux, posant des questions: d’où venons-nous, qui sommes-nous ? où allons-nous?).

Questions qui nous tracassent depuis notre naissance, désignent aussi le titre d’un célèbre tableau de Paul Gauguin. Parfois pour répondre à la demande d’une fille du village, toute excitée, et de ses sœurs aussi, nous acceptons de leur faire faire un petit tour aux alentours. Honni soit qui mal y pense !                                         !
Selon l’heure nous demandons le gîte au chef du village. C’est sacré, et bienveillant il nous emmène voir une case réservée aux visiteurs, et nous y passerons, bien volontiers la nuit. n                                      .
En attendant il va égorger une poule, et nous la faire préparer par les femmes.

Et parfois le village organisera une veillée, autour d’un feu de bois. Et chacun, et chacune y danseront à loisir, selon les chants et les rythmes de leur ethnie. Et nous de la nôtre. Puis naturellement, sans même y penser, les motards et les villageois transcendant les différences originelles, réalisent avec nous l’union, l’unité, en dansant, en surfant tous ensemble sur les mêmes vagues gestuelles et musicales des ressentis, des émotions, et des sentiments. 

Alors que ce matin j’écrivais sur les motards et les trips “enduro” dans la brousse et les villages africains, cet après-midi les deux derniers clients du restaurant que je squatte, pour la nième fois, entament une discussion sur le moto-cross et l’enduro. Coïncidence, synchronicité.

Je me joints à eux ; l’un a pratiqué, ces deux spécialités de longue date. Le moto-cross à Tahiti, l’enduro en France (ce qui n’est plus possible, depuis plus de 30 ans, la plupart des pistes forestières étant fermées au public). Il a aussi roulé, parmi des centaines de concurrents dans l’enfer du sable aux rallyes annuels de la plage du Touquet. Pour lui l’enduro, sur piste à allure raisonnable, dans la nature, c’est 80% de technique et 20% de coronnès (sic), alors que le motocross, la piste à fond mais sur un circuit, c’est 20% de technique et 80% de coronnès (resic).                                  …  

Pour moi : 5 kms en tête du Paris-Dakar.                                   . 

Nous parlons un peu aussi du Paris-Dakar, c’est inévitable..
Je n’ai pas fait le rallye, en totalité, mais un jour que nous allions assister à l’arrivée d’une étape pas loin de chez nous, au Mali, je m’étais positionné, pour rire, sans rien dire à personne, dans une profonde ornière, sur la piste, et me laissais conduire, épousant ses courbes, à bonne allure. J’étais donc, momentanément en tête de l’étape! Mes copains, groupés un peu plus près de l’arrivée, n’en sont pas revenus quand s’attendant à voir émerger le champion Stephan Peterhansel, et concentrés sur le bruit de son moteur, ils m’ont vu passer devant eux, le premier de la course, en leur faisant un coucou d’une main, le sourire aux lèvres !                                 ! Mais ça n’a pas duré longtemps, Stéphane Peterhansel, le vrai premier, m’a vite rattrapé et en sautant à l’autre ornière, m’a dépassé sans encombre, en me gratifiant d’un signe amical de la main. (Si la main n’est pas libre on écarte la jambe gauche, bien raide, de la carrosserie). 

Cependant les véhicules qui suivaient (ceux qui étaient en tête du classement et se battaient pour la victoire finale) ont fondu sur moi, comme la vérole sur le bas clergé ; mais roulant dans les deux profondes ornières, ils n’en pouvaient sortir, donc ne pouvaient pas me doubler, à moins de me passer dessus. Soucieux de ne pas les retarder, j’ai foncé au plus vite de mes possibilités, espérant trouver tout de suite une échappatoire pour sortir de l’ornière, donc de la piste. Mais, ça n’a pas été si simple, et le temps que je dégage, je peux dire que j’ai eu la sensation de risquer ma vie, avec tous ces bolides à mon cul, dans une ambiance de cris, insultes et vociférations, klaxons à fond mêlés au vrombissement des moteurs. Cramponné à mon guidon je n’en menais pas large. “Si je tombais, ils me passaient dessus ; j’étais mort !“ 

Mais, mes poursuivants n’appréciaient pas du tout, mais alors pas du tout, la plaisanterie car ils étaient en train de se faire remonter au classement général. J’avais aussi à l’esprit les morts parmi les populations locales, qui jalonnaient les précédents Paris-Dakar. Et puis soudain par miracle, les ornières disparaissent, je peux m’écarter sur la droite et suis immédiatement dépassé par une cohorte de prototypes en furie, sous les klaxons et les quolibets, affublé de tous les noms d’oiseaux                                      . 
Ouf, ils sont passés, je continue…c’est moins dangereux et je ne bloquerai plus personne…il n’y a plus d’ornières, juste du sable, ramolli par ceux qui m’avaient doublé ; ce n’est pas facile, mais le sable mou, à moto, je connais bien, je le pratique tous les jours à Niamey et dans les environs. Il faut savoir que, dans les journaux, on accusait le Paris-Dakar de déstructurer et donc rendre impraticables toutes les pistes sableuses, où les bolides et les motos s’engagent, sans vergogne, à toute allure !

Le plus fort c’est que, passant la ligne d’arrivée, je suis enregistré comme concurrent de l’étape valablement arrivé en énième position. Ayant déjà assez foutu la merde sur le parcours, je ne veux pas en rajouter dans le classement ! Je retourne donc sur mes roues, et je me présente au responsable, bien seul avec son registre sur la ligne d’arrivée. Il me raye de sa liste, et quoique valablement arrivé, me voilà valablement rayé.

En tout cas cette expérience aura été formidable, et intense. Pendant 10 minutes, à chaque instant , chaque seconde j’étais présent, tout simplement en danger de mort, dans l’ici-maintenant. Un bon souvenir à l’heure d’écrire ma story-telling.

Je retrouve mes copains au campement à proximité. Nous y trouvons à boire et à manger, et même une petite place pour dormir, après avoir bien assimilé cette ambiance de camp ultra-moderne, peuplé par des Martiens aux vêtements bigarrés, et aux machines arrogantes au milieu du désert. Nous sommes à Nema, près de la piste de l’aéroport, où une avion attend les stars qui récupèrent et mangent, avant de monter à bord, pour aller dormir, chaque  soir, en ville dans un hôtel confortable. Pendant que les concurrents indépendants révisent leur moto et éventuellement font de la mécanique, remplacent des pièces défectueuses. etc. et se couchent, pour certains, vers 2 heures du matin.

Justement le matin, réveil vers 5 heures pour le petit dej, la préparation, et le transfert vers la ligne de départ.

Imaginez la forme au réveil de ceux qui ont dû mécaniquer tard hier soir, après 500 km d’étape et avant 500 nouveaux km de piste et de sable, à parcourir sous le radieux soleil qui se lève! Et qui va taper dur. Dur, dur !

Non, le Paris-Dakar n‘est pas une sinécure !                             .
Définitivement pas un goûter de  jeunes filles !

Aujourd’hui la vie continue. Vive la vie. Olé…Youpi.

Synchronicités
Attelé à la rédaction du présent livre, j’écris “La moto enduro 1“, un samedi matin, au bord du lagon, à Tahiti, alors qu’une course de pirogues va se dérouler sous mes yeux. L’organisateur appelle, avec son porte-voix les équipes féminines :“Les femmes de la première poule préparez-vous” et ceci au moment précis où je tape (voir plus haut) “une poule préparée par les femmes”… Coïncidence qui ne peut m’échapper. Coïncidence, ou bien synchronicité ? Vous en voulez une autre ?                                 ? 
Eh bien, j’ai acheté hier, le livre de Bertrand“ Changer d’altitude”. Ce matin j’ai mis son livre dans ma sacoche, je marche vers l’océan et arrivé au bord du lagon, je l’ouvre au hasard, page 314 (facile à retenir pour un matheux) : l’auteur y développe sur les synchronicités !

Je me souviens de deux autres synchronicités vécues ces derniers temps :                                    : 
La première : mon prénom est XAVIER. Je sors d’un excellent film intitulé “YAO“, prénom du jeune acteur qui tient la vedette avec Omar Sy. Chemin faisant, je remarque, surpris, une grande banderole publicitaire affichant au premier étage, sur la façade d’un immeuble : “XAVIER YAO”. Troublant, non ?

La deuxième synchronicité : Je marche vers le cinéma Liberty, en pensant par hasard à Bachir DJAOUI, mon second, lors d’une mission en Algérie, il y a quelques années déjà. Pour lui permettre de ne pas gaspiller son salaire dans des frais d’hôtel, j’avais accepté de l’héberger chez moi, dans un grand appartement loué par mon employeur au meilleur hôtel de la ville. Nous sommes donc devenus rapidement ami. Bachir, un homme fin et distingué, animé comme moi, par sa passion des femmes. Il m’a appris beaucoup de choses sur l’Algérie et les algériens, mes partenaires pour le travail. Il m’a aussi parlé de la guerre d’Algérie du point de vue algérien. Sans haine et sans passion. Il en voulait plutôt aux terroristes islamiques qui ravageaient son pays depuis une dizaine d’années. Et, qui au petit matin, livraient la tête de leurs victimes, sur un plateau, à la porte de leur appartement. 

Mon ami, Bachir DJAOUI est mort il y a maintenant quelques années. D’un cancer mal placé (à l’anus). Il m’en parlait ainsi lorsque venant d’apprendre sa maladie, je l’appelais du Tchad. Peu après revenant en Algérie, pour une nouvelle mission en zone dangereuse, j’allais revoir Bachir DJAOUI, chez lui, deux ou trois fois avant sa mort…

Aujourd’hui donc, chemin faisant, pensant par hasard à Bachir, j’arrive au cinoche et levant la tête, me saute aux yeux le nom DJAOUI (Isabelle l’actrice phare au centre de l’affiche).

La troisième synchronicité :                                   :
Je me permets de vous livrer, ici et maintenant, un extrait du livre de Bertrand Picard qui m’a branché, et qui vous branchera peut-être. D’abord il explique une synchronicité, qui ressemble à celle que j’ai vécu avec Bachir DJAOUI. Je lis, je cite Bertrand Picard : 

“Je roule en voiture sur l’autoroute avec une amie guérisseuse qui me raconte des choses que j’ai peine à croire. Au moment où elle mentionne le nom précis d’une personne, nous arrivons à la hauteur d’un camion portant sur sa bâche, le même nom que la personne en question ! Mon scepticisme s’évanouit sur-le-champ.”

Puis Bertrand poursuit :                                       :
« Au-delà des vols les plus fabuleux dans des paysages féeriques, les synchronicités sont pour moi les instants les plus passionnants de l’existence. Des instants magiques où j’ai l’impression d’être accompagné même si je ne vois personne, d’être inclus dans un ensemble plus vaste où autre chose existe bel et bien, même si je ne le comprends pas.

Pourrions-nous être guidés? Guidés pour nous montrer où aller, comment nous comporter, pour nous encourager dans une décision ou parfois pour nous remettre à notre place quand nous exagérons ?

Le karma serait sûrement plus facile à comprendre s’il nous offrait toujours, une synchronicité explicative ! Mais peut-être qu’il le fait et que nous ne le voyons pas. »

« Est-ce qu’il faut une prédisposition particulière pour remarquer les synchronicités ? Je n’en ai jamais eu l’impression. Par contre il en faut une pour ne pas les voir. Il suffit pour cela de ne jamais rien chercher derrière le voile des évidences et de tout attribuer au hasard ; d’être persuadés qu’il n’y a pas de monde supérieur, qu’il n’existe rien d’autre que ce que nous pouvons voir, toucher et mesurer.

On ne trouve de toute façon que ce qu’on cherche. Admettons donc que nous ne voyons pas l’entier de la réalité, soyons ouverts au reste, et nous percevrons peut-être quelque chose d’autre. Allons-nous ainsi attirer davantage de synchronicités? Je ne sais pas, mais en tout cas cet esprit- là nous permettra de remarquer celles qui se présenteront ».

« J’y vois une interface concrète entre le monde du visible et celui de l’invisible entre l’état de léthargie dans lequel nous vivons habituellement et l’état de véritable éveil où le sens de la vie deviendrait évident. Où nous pourrions percevoir que nous sommes régis par des lois qui nous dépassent. Cela pourrait bien augmenter notre conscience au lieu de limiter notre liberté“.

Et l’intuition ? Ce serait le moment où la chape qui nous recouvre laisse passer quelques informations, où le monde supérieur devient accessible, où des bribes d’explications nous sont offertes. On se demande toujours comment des gens comme Einstein, Newton, Archimède ont pu découvrir certaines des grandes lois de l’univers. N’ont-ils pas laissé simplement parler le monde supérieur à travers eux ?

Pourtant ce n’est que le tout début du voyage. La quête commence et continuera aussi longtemps que nous aurons le courage d’en traverser les différentes altitudes. Et si vous ressentez parfois un peu de vertige devant l’immensité de la tâche, utilisez un des outils que vous aurez trouvés pour le transformer en esprit d’aventure et en désir d’exploration ».

Ici, je reprends l’écriture :

Tout d’abord, merci à Bertrand Picard pour ses intuitions son ressenti, et son inspiration.

Comprendre les synchronicités nécessite concrètement, selon moi, de dépasser notre cortex moderne, arrêter de se prendre la tête avec notre appréhension analytique dichotomique, qui découpe chaque événement en de multiples sous-ensembles, soigneusement étiquetés, analysés, et reliés entre eux par différentes fonctions, choisies dans un éventail mathématique, physique, psychologique, philosophiques, …etc., pour aboutir à la relation finale de causalité : ceci s’est produit maintenant parce que cela c’était produit avant. La fameuse causalité événementielle : la cause précède l’effet. 

Pour ressentir les synchronicités, il faut lâcher prise sur tout ça.  Comme je le fais maintenant depuis plus d’un an : la pratique de la méditation couplée à une technique respiratoire simple, me conduit le soir aux portes du sommeil, et provoque sur l’écran noir de mes yeux fermés, l’apparition de visions imagées, colorées, psychédéliques, et animées : des hallucinations. Plus surprenant encore, dans la pénombre de la nuit, allongé sur mon lit, mes yeux ouverts projettent sur le plafond ces visions animées, voire très animées, par une sorte de mouvement brownien, avec parfois une perception d’ondes en 3D. Et en même temps je ressens les activités, de mes neurones zone par zone : je scanne moi-même mon cerveau, comme lors d’une IRM. Cool, non ?                                   

Puisqu’il faut mourir enfin, que ce soit côté jardin, en chantant

Si ma femme a de la peine, que mes amis la soutiennent, en chantant

Quand j’irai revoir mon père, qui m’attends les bras ouverts, en chantant

Je voudrais que sous la terre tous mes bons copains m’enterrent en chantant ;

La mort c’est plus marrant, c’est moins désespérant en chantant .. (Michel Sardou).

Bintou, nigérienne. Manipulée en France. Disparue depuis notre divorce.  

Marcelinne guinéenne de la forêt profonde.                     .
95% des guinéenne sont excisées.                        . 
Record mondial qui m’a découragé.

Koura, sénégalaise. De temps en temps sur Messenger.




Natasha   de Zanzibar. 





Hachim, Hajiba et moi : petite famille éphémère, à Marrakech.
(PS : le bébé est de sa sœur).

Awa, Guinée Conakry, mariée anglaise, 3 enfants                . 
En Angleterre ça se fait par terre.                                      . 
En Italie, ça se fait dans le lit (lol).

Kenyatta du Kenya

                    ÉCRIRE FUT UN PLAISIR

L’Organisation ?

Les premiers francs-maçons positionnaient symboliquement leur fondation mythique aux origines de la maçonnerie elle-même (comprendre aux origines de l’art de bâtir). Dans un siècle où la paléontologie n’existait pas encore, il fut tout naturel pour eux de placer cette origine à l’époque d’Adam (le premier homme, selon la conception de l’époque), à celle de Noé (construction de l’arche et religion première) ou, beaucoup plus fréquemment, à celle de la construction du temple de Salomon.

Vers 1390 déjà, le « Manuscrit Regius », qui décrivait les usages des maçons anglais, plaçait emblématiquement leur corporation sous l’égide d’Euclide et de Pythagore, pères de la géométrie, 

Au milieu du XXIe siècle romantique enfin, à l’occasion de la redécouverte de l’héritage du Moyen Âge, le mythe maçonnique renforça tout aussi naturellement ses références à la construction des cathédrales

Plus récemment, des groupes de francs-maçons se constituent en corporations de bâtisseurs dont les membres, paraissent parfois plus soucieux de la défense de leurs intérêts mutuels que de l’application des nobles principes humanistes de l’ association à l’origine essentiellement philosophique et philanthropique…. 

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