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Kiribati Tahiti

Kiribati 1981

Introduction

Pour écrire cette proposition, il s’agissait d’abord pour nous, par une lecture attentive des TDF,d’appréhender la  problématique de l’alimentation en eau potable à Kiribati et plus particulièrement à Tarawa. 

Une seconde étape à consisté à rentrer plus en détail dans le  projet, à travers les pistes ouvertes par une bibliographie abondante, et aussi par des recherches sur l’internet.

Cette recherche documentaire nous a entraîné dans deux directions opposées mais complémentaires :

– premièrement une vue exhaustive : une meilleure connaissance de l’histoire évènementielle et de l’organisation politique de Kiribati, des conditions naturelles prévalant sur l’île (climat, géologie, hydrogéologie) , des aspects humains de base (organisation politique et sociale, droit administratif, droit coutumier), des risques et des besoins en matière de santé publique (particulièrement eau et sanitation ), des risques climatiques, de la pression démographique, des capacités dans l’île et au niveau des communautés…

Et finalement au fil des téléchargements nous avons mieux compris le contexte plus global dans lequel notre sous composante 3 « amélioration de la durabilité des ressources en eau douce » trouve sa place.

– deuxièmement une vue précise et détaillée des ressource en eau et des systèmes d’approvisionnement (eau souterraine, eau de pluie, eau de mer), et de leur évolution de 1960 à 2008, ce qui est une bonne base pour comprendre le présent et participer aux évolutions futures.

Nous avons aussi compris que les intervenants officiels et privés, soutenus par les bailleurs de fonds internationaux, constituent tous ensemble un  pool de spécialistes faisant autorité, à l’échelle mondiale, sur le problème de l’alimentation en eau dans les atolls coralliens.

Nous aurons l’occasion, du moins nous l’espérons, d’exercer sur place à Kiribati nos talents d’ingénieur, mais toujours en commençant par regarder l’existant, pour continuer à intégrer les problématiques et mieux comprendre les approches et solutions mises en œuvre jusqu’à présent. Ce n’est qu’après, que nous serrons en mesure, comme nous y invite les présents TOR, de proposer des solutions, éventuellement parfois des innovations, techniques ou méthodologiques. Nous pensons qu’elles émergeront de notre compréhension des contextes, de nos discussions et interventions avec les intervenants donneurs d’ordres, partenaires et/ou bénéficiaires.

Une méthodologie dit-on, c’est une méthode et un outil.

La méthode sera pour nous de suivre les termes de référence.

Nos expats, et nos experts I-Kiribati, avec leur logistique constitueront la partie opérationnelle visible de l’outil. 

Leurs expériences individuelles, notre background, et nos compétences en constitueront la partie invisible, plus profonde.

Un peu comme un iceberg flottant sur la mer…

Ou une lentille d’eau douce flottant sur l’eau salée.

METHODOLOGIE PROPOSEE

Ground water assesment and devlopment (12)

Sélection préliminaires : nous relevons que le champ des investigations géophysiques concerne l’île de Tarawa (éventuellement dans son ensemble) et les îles proches de Tamana et Tabiteuea Meang.

Nous suggérons que la sélection préliminaire des endroits concernés soit effectuée selon une grille d’évaluation multicritères, à élaborer en priorité, en consultation avec PMU, WMU (MPWU), et qui devrait, en premier lieu prendre en compte des aspects tels que : dimensions des îlots (lentille probable), population (démographie motivation / adhésion au projet, revenus, capacité à s’auto-organiser), résolution du foncier, éloignement et facilités d’accès, facilités d’approvisionnement à partir de Tarawa.

Il faut souligner que les aspects sociaux sont fondamentaux et aussi importants que les aspects techniques : l’atteinte des objectifs du projet passe certes par la maîtrise technique de l’eau (extraction, stockage, distribution, exploitation) mais aussi et surtout par l’adhésion des villageois (sinon les installations sont abandonnées, voire sabotées).

A ce sujet nous avons pris connaissance du rapport de l’UNESCO : «  Groundwater recharge in low coral islands – Bonriki, South Tarawa, Republic of Kiribati – Issues, traditions and conflicts in groundwater use and management »

Après une première sélection, un calendrier de prise de contact avec les bénéficiaires du programme sera élaboré et une première série de visites entreprise selon une méthodologie précise, qui reste à définir en accord avec PMU, WMU (MPWU). A priori 3 thèmes seront alors développés en concertation avec les habitants :

–      enquêtes sur les puits existants (voir ci-dessus)

–      exposé du programme en vue d’obtenir le consentement formel des chefs de village et des propriétaires fonciers (18) pour développer les investigations sur les terrains présélectionnés,  concernés par les campagne EM et les 9 forages piézométriques).

–      engager du personnel comme  labour force de soutien au Consultant. 

A DEVELOPPER

Les investigations géophysiques électromagnétiques(12) (14) (32)

Elles seront conduites par réalisation de sondages électriques verticaux selon la méthode de Schlumberger (quadripôles). Il faut souligner que la configuration, au sein de la masse insulaire  d’une lentille d’eau douce (résistivité autour de 60 ohm-mètres) flottant au dessus de l’eau salée est favorable car nous sommes dans un empilement ce couches à conductivité croissante vers le bas. L’expérience acquise par le consultant d’hydroconseil permet d’appréhender l’ordre de grandeur des résistivités des différents milieux rencontrés, du haut vers le bas :

Sous solProfondeurSol sec ou saturéRésistivité en ohms x mètres
superficielle0 à 4 mètressol sec de surfacesup. à 100 ohm-métres
mi-profonde4 à 25 msaturé :lentille d’eau douce40 à 60 ohms x m
profondeSup à 25 mSaturé : eau salée0,5 à 4 ohms x m

Les couches supérieures peu épaisses et faiblement conductrices ne masquent pas les couches inférieures: les logs des sondages électriques interprétés en diagrammes 3 couches révèleront clairement dans ce cas d’espèce, le passage de l’une à l’autre, et en particulier la profondeur moyenne de l’interface eau douce – eau salée. Cependant, l’exploration de la zone de transition nécessitera un schéma d’interprétation plus fin.

A regarder en plein écran. Magnifique.

Les sites d’investigations géophysiques seront sélectionnés parmi les îlots existants, en fonction de leurs dimensions et de leurs populations. Normalement les localisation sur South Tarawa sont exclues (excepté Tamaiku).

Iles:
* Abanuea (submergé depuis 1999
du aux changement des courants océaniques)
* Abaokoro
* Abatao
* Bairiki
* Betio
* Bikeman Island ((submergé depuis 1999
du aux changement des courants océaniques)
* Biketawa
* Bonriki
* Buariki
* Buota
* Kainaba
* Marenanuka
* Na’a
* Nabeina
* Notoue (Eretibou)
* Nuatabu
* Tabiang
* Tabiteuea
* Tabonibara
* Taratai
* Tearinibai
* Tebua Tarawa (submergé depuis 1999
du aux changement des courants océaniques) 
* Temaiku
 
Towns and villages
* Abatao
* Bairiki(520659) 
* Bikenibeu
* Bonriki
* Buariki
* Buota
* Eita, Tarawa(6119264) 
* Marenanuka
* Taborio
* TeaoraerekeIslets* Abanuea (submergé depuis 1999
du aux changement des courants océaniques)
* Abaokoro* Abatao* Bairiki* Betio* Bikeman Island (now submerged   due to changing ocean currents)* Biketawa* Bonriki* Buariki* Buota* Kainaba* Marenanuka* Na’a* Nabeina* Notoue (Eretibou)* Nuatabu* Tabiang* Tabiteuea* Tabonibara* Taratai* Tearinibai* Tebua Tarawa (submergé depuis 1999 du aux changement des courants océaniques)* Temaiku 
Villes et villages* Abatao* Bairiki(520659) * Bikenibeu* Bonriki* Buariki* Buota* Eita, Tarawa(6119264) * Marenanuka* Taborio* Teaoraereke
Liste des îles, dont certaines submergées en 1999. 18 ans après la rédaction de cette étude en 1981.

Sur la base de notre expérience, on aura une première estimation de la profondeur H de l’interface, sur un atoll de largeur L, en prenant H = L / 50.

Sur la base de cette première sélection, on effectuera alors sur chaque ilôt une campagne complète de reconnaissance par sondage électrique type Schlumberger, disposés selon une maille carrée de coté L/5, soit 25 sondages par site. Des traînées électriques permettront le cas échéant de préciser l’étendue en plan de certaines anomalies. 

21 – Le rapprochement des résultats des sondages électriques, avec les coupes des forages verticaux permettra une meilleure interprétation. On sera ainsi en mesure, de livrer sur chaque îlots la morphologie de la nappe, la carte des iso-profondeurs du toit et du fond de la lentille d’eau douce et ainsi d’en calculer, par intégration le volume.

Ceci nous engage à rechercher parmi les ilôts de Tarawa, ceux qui présentent au moins une largeur de 200 mètres, et une longueur avérée entre 2 bras de mer (hoa).

Exemple extrait du document : Groundwater Training Course, SOPAC, 

En option de contingence, il est envisagé aussi des investigations dans l’île de Tamana et les îlots deTabiteuea Meang. La question du transport change d’échelle et des coûts additionnels seront prévus.

Mesures dans les puits (12)

Elles seront réalisées en priorité, car elles peuvent permettre d’identifier rapidement les zones déjà contaminées par le sel. Lors du passage à chaque puits désignés, en plus des prélèvements d’eau, on effectuera une enquête auprès des utilisateurs. L’hydrogéologue sera donc accompagné par notre assistant en consultation villageoise.  Un questionnaire formaté sera élaboré et soumis à WEU, MPWU. Il portera sur l’ensemble des aspects liés à la qualité de la nappe, à son usage, à la santé de la famille.

Les appareils mis à disposition du Consultant seront utilisés par l’hydrogéologue, et son assistant, en concertation avec WEU, MPWU. 

Les valeurs enregistrées pour chaque détermination physique, sanitaire ou sociale seront stockées dans une base de données (nous utilisons File Maker FMpro10 Advanced), y compris les photos. Les fonctionnalités de stockage d’enregistrements, de recherche et de tri rendent cet outil beaucoup plus performant qu’un simple tableur Excel (par contre l’intégration des tableaux existants saisis sous Excel est prévue).

L’utilisation de la base Mapinfo permettra aussi d’attacher à leurs coordonnées géographiques, les paramètres relevés en tout point du projet.

L’élaboration des modèles de saisie serait effectuée en collaboration avec WEU, MPWU.

Le staff de WEU recevra en premier lieu une formation à l’utilisation de la base de données, et pourra participer, s’il le souhaite, au travail de saisie des données de terrains et des photos, de recherche et de tri, ainsi qu’à l’édition de rapport statistiques de synthèse. 

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