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Zanzibar

Depuis mon retour de Madagascar, je n’ai qu’une envie: signer un contrat pour une nouvelle mission en Afrique.
Je fais donc une démarche pro-active: j’envoye mon CV au bureau d’étude allemand Hydroplan, avec lequel j’ai eu auparavant plusieurs contacts, mais sans succès.

Est-ce que ça va marcher cette fois-ci? Oui, ça marche. Olé!

Enfin, mon vol est réservé pour le 22 octobre:
Papeete-Paris puis Paris-Dar Es Salam – Zanzibar.

Le 22 octobre 2013, le soir, Après avoir dégusté une bonne pizza au « Pescadou », mon fils Moana, et son cousin Manua, m’accompagnent à l’aéroport de Tahiti Faaa, vers 21 heures.
Comme d’habitude, il y a la queue à l’enregistrement. J’ai ma valise verte « joueur de tennis » et en bandoulière le sac de mon ordinateur Mac Book Pro 17″, qui commence à se faire vieux. Cette fois-ci pas de costard dans la valise, mais des vêtements légers pour vivre à Zanzibar ou Pemba, dont je devine le climat et l’économie semblables à ceux de Tahiti.
Je connais un peu Pemba, sans y être vraiment allé, pour l’avoir survolé sur Google Earth, tout en rêvant d’une réponse positive à la lettre de motivation que j’avais envoyé à Hydroplan. Et bien maintenant j’y étais, et je pressentais que ce qui m’attendait, serait peut être, corrélé à l’Afrique : Seulement séparé du continent par quelques encablures, Zanzibar est partie intégrante de la Tanzanie. Elle est une île touristique, avec la musique, les danseuses et les…. …gazelles. Mais s’agissant de mon job, alimentation en eau potable de l’île de Pemba, je pressentais qu’il me mettrait en face de problèmes similaires à ceux de la Polynésie.
Cependant alors que les videos foisonnaient sur Zanzibar, je n’en trouvais que très peu sur Pemba…

Pour une fois, j’enregistre parmi les premiers, puis muni de ma carte d’embarquement, je m’en vais faire le tour des boutiques, toujours très colorées, on pourrait même dire sensuelles, avant de m’affaler, sous douane, le coude sur le comptoir du bar de la salle d’attente. Une bière fraîche suffira. Voilà plusieurs mois que je m’essaye à diminuer ma consommation d’alcool. Et pourtant je trimbale toujours ma psychose, avec des épisodes de paniques que le vin peut soulager, mais aussi des moments de paix, que me procure le travail quotidien de recherche d’emplois exotiques…
De Papeete à LAX, pour une fois, pour moi le voyage est paisible. Pas de changement de place improvisé, ni de comportement suspect de voyageurs inconnus, ni de discussions interlopes. Tout va bien, le bateau cool.
A l’escale de Los Angeles, on ne charrie pas ses bagages, mais on passe la douane, où les douaniers ne sont jamais vraiment sympas. C’est pour moi le moment d’éprouver mon anglais, scolaire et bien sommaire…avec l’accent du commandant Cousteau.
Mais les échanges scripturaux avec Hydroplan, dans la langue du projet, m’ont permis de progresser un peu. Et le douanier, en face de moi parait apprécier mes efforts:
« Do you speak english, sir? »
« Yes Sir, Yes I do » puis « I try, yes I try », sur l’air de Barrack Obama. Il paraît content et me souris. Et PAN! il me tamponne mon passeport!

Arrivé à Paris, c’est ma chère tante Francine qui m’attend de bon matin. Bisous, Bisous et nous marchons dans l’immense parking souterrain de CDG. Alors que nous allons rentrer dans sa voiture, un petit groupe s’approche de nous, nous dépasse et s’arrête un peu plus loin. Un jeune s’en détache et se dirige vers nous pour nous demander un renseignement; et il en profite pour engager la conversation sur l’air de « d’où venons nous, qui sommes nous, où allons nous? »
Du fait de la sociabilité du genre humain, et parisien, Francine répond, sans y voir malice, à toutes ces questions: « Xavier vient de Tahiti et se rend ce soir à Zanzibar…etc » Tout juste si elle ne donne pas mon numéro de vol. Très courtois et souriant le jeune prend congé et rejoint son groupe. Il est content, il a son renseignement. A quoi bon continuer la conversation?

Personnellement je me méfie toujours de ce genre de situation qui survient souvent quand j’entreprends un voyage.
Je réponds, en général, d’un air martial ou complice, ça dépend: « confidentiel, défense ».
Il y a peu, j’étais dans un taxi avec mon copain Cousta, en route vers l’aéroport de Pau, pour la Chine (on ne peut pas arriver à pied par la Chine).
Le chauffeur mine de rien me demande dans quel pays je pars en voyage? Je reste coi! Et voilà Cousta qui répond, que je pars en Chine! Plus tard, je lui ai demandé pourquoi a-t-il répondu?
 » Au lieu de répondre, c’est toi qui devrait te poser la question: pourquoi m’a-t-il posé cette question? « 
Et je lui ai expliqué, que chaque fois que je pars en voyage, j’essaye de le faire incognito. Mais c’est toujours le même cinéma!
Et je lui parle de l’Organisation qui ne me lâche pas d’une semelle, depuis mes exploits au Mali….
Eh bien là, ce n’est pas Couta, mais ma tante qui dévoile à un inconnu ce que j’essaye de tenir secret! « Bonjour ma Psychose, revenez la place est encore chaude, bienvenue dans mon cortex préfrontal. Ou peut être le lobe temporal gauche, au choix? »
Après cette digression, dont j’exonère Francine, nous montons dans sa limousine, et rentrons dans Paris. C’est Dimanche, il y’a de la place pour se garer dans la rue en face de son immeuble.
A cet endroit précis où dans le temps un mec s’accrochant à mes baskets, je pensais m’en débarrasser en traversant; eh bien non! toujours sur mes traces il fait de même, il traverse lui aussi! Et continue à marcher, collé derrière moi…
Et je m’en sortais en retraversant pour entrer dans l’immeuble de Francine. Bizarre, bizarre…

A peine entrés dans son appartement, Francine me demande d’ouvrir ma valise et se saisit de tous ce qui lui paraît devoir être lavé, sur le champ, avec une prédilection pour mes slips usagés. C’est bien, ça rend service, quand on voyage. Après on prend un petit déjeuner, et puis ma tante qui a remarqué que je n’avais pas de veste me presse d’aller en acheter au moins une, mais en fouillant dans son placard elle en découvre une, très belle en toile de Jean. Celle là fera l’affaire, un style décontracté mais sélect. En fait en Afrique il fait trop chaud pour porter la veste (inconnue à Tahiti, par exemple). Je parie qu’à Zanzibar, il en sera de même. Maintenant dans l’avion, où la clim est toujours forte ça peut servir, c’est vrai donc je la range dans ma valise. C’est une veste de Bertrand, mon cousin. Merci Bertrand.
On parle de choses et d’autres, mais surtout de ma famille proche à Tahiti: mon fils Moana, et ses deux filles. Bientôt une troisième etc. Et de moi, j’adore ça: mon contrat à Zanzibar, encore un nouveau départ pour un an. L’Afrique, les gazelles et les danseuses, j’en parle avec un peu d’humour que Francine ne soupçonnait pas chez moi…Et après Zanzibar?
C’est le moment de placer ma dernière conviction, issue de de Eckarth Tolle:

« Je vis ici et maintenant, je suis conscient de ma présence en l’Univers et de mon travail à la Terre. Je ne me préoccupe pas du futur et je ne vis pas du passé. Je suis aligné avec mes pensées, mes paroles et mes actes, et je suis confiant car je sais que tout arrive quand je suis prêt »

Pas mal, non? Francine, qui a deux ans de plus que moi, paraît préoccupée par le problème de la mort. Mais avec une connotation qui lui est propre car pendant des années, à l’hôpital, elle a aidé des personnes pour le passage. Elle ne le fait plus, mais ne fait pas de confidence sur cette expérience.
Dommage, car elle doit en savoir beaucoup, notamment sur les expériences de morts imminentes. EMI ou NDE: near death expérience, ça dépend du pays. Ou plutôt des mots pour le dire.
Elle a essayé la méditation, mais ça lui fait mal à la tête…alors elle a arrêté. Bien avant que moi, je commence à m’y mettre.

Maintenant revenons à nos moutons, il est l’heure d’en manger: quelques cotes agrémentées de pommes de terre bouillies et arrosées d’un bon rosé, de Provence bien sûr.
Qui ouvre la boîte à parole…la conversation va bon train, et nous en apprenons l’un sur l’autre en une heure plus qu’en 50 ans!
Pour le dessert de bons fromages du terroir et des fruits rouges, parce que je n’en trouve jamais le long de ma route.
Et puis, il est l’heure, Francine me ramène à l’aéroport. En la quittant pour me rendre à la banque d’enregistrement, je me demande quand nous nous reverrons…et soudain, je suis déjà par la pensée à Zanzibar, bien ancré dans mon avenir pour l’année qui vient.
Et alors, l’instant présent? Ma réponse: j’y suis pleinement présentement. Et je ne soupçonne pas tout le bonheur qu’il me réserve, dans les instants présents à venir. Seul l’instant présent existe. Il n’y a que des instants présents. OUP’S.

Au comptoir d’enregistrement, ça recommence, on me fait des histoires, on ne me donne pas ma carte, on la garde et on me dit de repasser dans une heure, le vol va peut-être être annulé. Ah bon, et les autres? silence. Repassez dans une heure. Je connais ça, je l’ai assez raconté dans les pages précédentes. Mais je pense quand même, savoir exactement pour quoi: si le vol est annulé, je n’y vais plus.
Dieu soit loué, le vol n’est pas annulé, mais je suis parmi les derniers à l’embarquement. Mortellement inquiet, le long de la passerelle, je me demande: qu’est ce qu’ils vont encore inventer? Eh bien, je ne vais pas être déçu, et ce coup là, il vient de loin…
Alors que je suis confortablement assis, à trois fauteuils du hublot, une jeune femme belle et élégante se présente: « Pardon, bonjour », un sourire et elle prend place coté fenêtre. Le fauteuil du centre est libre…jusqu’à ce que se présente un sénégalais, d’une dégaine sportive, genre tennisman, habillé sport. En fait , captivé par ma voisine, je ne le vois pas tout de suite. Puis il bouge et son mouvement me fait lever la tête sur la gauche. Surpris par sa présence immobile si proche, je l’entends exprimer une sorte de reproche: « Enfin, Monsieur!? »
Un peu confus, je me lève pour lui laisser le passage vers le siège du centre, à coté de sa chérie.
A son allure, son style, ses vêtements branchés, je devine qu’il est d’une bonne famille sénégalaise. Et j’en connais une, la famille Diallo que j’avais côtoyé le temps d’un repas avec Monsieur Diallo une des plus grandes fortunes du Sénégal au Rotary du Mali…
J’actionne mes méninges, ça remue dans ma tête, je parierais bien que la jeune femme, s’appelle Mireille. C’est l’ex femme de Tanguy, le fils de Jean Jacques (mon copain Couta). Selon ce dernier, Mireille – (que j’avais rencontrée à l’époque) – après avoir divorcé de Tanguy, s’était mise à la colle avec le fils d’un richissime sénégalais. Il avait même cité le nom de famille: Monsieur Diallo!
Je les laisse chuchoter ensemble, mais je suis saisi par cette coïncidence. Que vient donc faire l’ex de Tanguy, ici dans cet avion à coté de moi? Avec son compagnon, je les aurais plutôt vus en première classe. Et que vont il faire à Dar-Es-Salam, en Tanzanie? Et bien, je ne vais pas tarder à avoir la réponse…Bon, maintenant le dîner est servi, et puis rideau, dodo.
Mais avant de m’endormir, je les entends encore discuter, et soudain, ça claque dans mes oreilles:
 » Oui, c’est vrai, Jean Jacques il est sympa ».
….Ils en conviennent tout les deux. Et moi dans ma petite tête, je gamberge: « Bon Dieu, mais c’est…oui c’est bien sûr: Jean Jacques, c’est mon copain Cousta, le père de Tanguy, l’ex-mari de Mireille ».
Voilà la réponse, à la question ci-dessus: Mireille et Saw connaissent mon meilleur copain, et en supposant que Jean Jacques travaille pour l’Organisation (ce que j’ai pu soupçonner à plusieurs reprises), ils seraient en mission de filature et de récolte d’information sur mes activités à venir! A moins qu’ils ne stoppent à Dar Es Salam!
A ma surprise, jusqu’à présent, mon voyage se déroulait sans embrouille, ce qui était une bonne surprise; mais maintenant, avec ces deux casse-couilles, revoilà les embrouilles .
Du coup, je prends un somnifère, pour me calmer dans le sommeil. Wait and see!
Le lendemain matin, nous nous posons à Dar Es Salam , et je vais au desk, confirmer mon vol sur Zanzibar et retirer ma carte d’embarquement. Bien entendu Diallo et Mireille vont également sur à Zanzibar, mais entendent aussi confirmer leur retour à Paris pour demain soir. L’hôtesse s’étonne, et leur indique qu’à peine arrivés à Zanzibar, il leur faudra rester à l’aéroport pour redécoller deux heures après vers DAR!
Et la réponse de Diallo me frappe de plein fouet:
« Deux heures à Zanzibar, c’est très bien, c’est suffisant pour ce que nous avons à faire ».
Je pense qu’en premier lieu, ils doivent m’identifier formellement et vérifier mon entrée effective à ZZ.
Et ça sera facile, puisque le service de santé est en place pour examiner les carnets de vaccination. Avant le passage en douane, une infirmière ramasse dans la file d’attente, tous les carnets de vaccination pour les examiner. A la sortie, complicité ou non, l’infirmière interpelle chaque titulaire du carnet par son nom, à haute voix, et examine son passeport avant de lui tendre le carnet de vaccination dûment estampillé.
Donc, pour moi qui voulait faire une entrée discrète à ZZ, c’est loupé. Et les deux amoureux, planqués dans la salle d’arrivée, savent dès maintenant que M. Xavier Meyer est domicilié à Zanzibar. Et bien vacciné!

Mais il est se pourrait aussi qu’ils remettent à un comparse (un avocat?) un dossier à charge m’accusant de vagabondage sexuel (avec mineures ?).

Un chauffeur de taxi, me propose de m’emmener en ville. A quel hôtel? Hotel « Pyramide ». Let’s go. Zanzibar me voilà!
Olé !

En montant dans le taxi, j’enlève ma veste qui m’avait bien protégé de la clim dans l’avion. Je la dépose sur la banquette arrière. J’appelle maintenant monsieur Waldemar, chef de la mission dont je vais prendre le relais, et mon seul contact à Zanzibar. Pas de réponse.
En fait je rappelle jusqu’à quatre fois, et toujours rien! Psychose: en moi même je me dis que si je n’ai pas de contact, demain matin je reprends l’avion pour Paris. Tout le cinéma que m’ont fait Mireille et Diallo, me laisse en effet augurer d’un avenir incertain: une proche arrestation, un procès sommaire, une condamnation, la prison!
L’ hôtel Pyramide, situé à Stone Town, http://whc.unesco.org/fr/list/173
n’est pas accessible en voiture. Alors le taximan se gare, saisit ma valise, ferme à clé, et s’engage dans la foule bigarrée qui arpente et remplit les minuscules ruelles. La sangle de mon ordinateur à l’épaule, je lui colle au train et en cinq minutes nous voilà devant le Pyramide. « Salam alekoum », « Welcome Sir, what is your pleasure? ». J’essaye une plaisanterie: « My pleasure is to thuck, and I want a room! » Il se fend la pipe, et m’emmène à l’étage. « OK, for this room ». We go back downstair, et je paye le chauffeur qui prend la poudre d’escampette, avant que je réalise avoir oublier ma veste dans son tax. Je lui court après, me paume dans le labyrinthe ésotérique, et fini par arriver au parking pour constater que, pas de chance le taxi s’est barré. Quel indélicatesse, me dis-je, il aurait pu me la ramener au Pyramide!
Ça commence bien…Du reste globalement Stone Town n’est pas réputée être un endroit sûr: les vols y sont fréquents, du fait, sans doute de la densité des passants et de l’étroitesse des ruelles. Adieu la belle veste de cousin Bertrand ! La vie continue et je rappelle une nouvelle fois, l’ami Waldemar. Cette fois-ci ça répond, il se confond en excuses conventionnelles et se propose de me rejoindre à l’hôtel. OK. J’ai à peine le temps de raccrocher, que déjà sa silhouette débonnaire s’encadre dans la porte d’entrée de ma chambre. En lui serrant la main, je pense en moi même qu’il loue probablement une piaule, au même étage que moi? En fait, non! il habite dans un appartement, juste en face du Pyramide, il m’en parlera plus en détail un peu plus tard.Wald est un type très décontracté, un peu comme moi, et j’ai tout de suite le sentiment que nous devrions bien nous entendre. D’ailleurs, c’est l’heure du pastis et il m’entraîne, illico, au petit bar de l’hôtel, sur la terrasse, où nous faisons connaissance….Il parle de lui, je parle de moi… j’adore ça.
Le temps passe, le soleil s’enfonce dans la mer, il est temps d’aller au Mercury, le bar restaurant de Freddy Mercury, qui avait passé sa jeunesse, en famille à Zanzibar, a long time ago. Avant de devenir une star mondiale avec Queen’s.
Nous attaquons avec la spécialité maison: un cocktail avec jus de fruit de la passion, whisky, gingembre et curcumin, plus fragments de piments rouges frais. De la dynamite, mais c’est vraiment bon.
Nous commandons une bouteille de rosé de Provence, et Waldemar commence à me briefer sur le programme d’alimentation en eau potable de l’île de Pemba. Je me rends rapidement compte que c’est la copie conforme du programme que j’ai réalisé au Sénégal, pour l’alimentation en eau potable de 11 centres régionaux: des forages, des stations de pompage, des conduites et des châteaux d’eau. Et des canalisations de distribution.
Je me sens immédiatement à l’aise pour la mission qui m’est confiée par Hydroplan: la gestion administrative, technique et financière, le suivi et le contrôle des travaux. Et lorsque Wald me les décrit, je réalise que les châteaux d’eau sont identiques à ceux du Sénégal.
Je connais donc avant même mon arrivée à Pemba, les problèmes à surveiller de près, sur tous ces ouvrages.

Nous sommes aujourd’hui vendredi, et prendrons l’avion pour Pemba dimanche après midi, afin que Waldemar me présente dès lundi à nos clients de la ZAWA (Zanzibar Authority for Water) et au staff de l’entreprise chinoise en charge des travaux: Sinohydro. Auparavant, demain matin, nous avons rendez au bureau de Mme Rokia Ali Masheko, la Directrice Nationale du projet.
Puis nous terminons le repas (langoustes du jour grillées au barbecue, vin rosé, frites, et dessert) et passons à un autre sujet, devinez lequel. Je vous le donne en dix, je vous le donne en cent, je vous le donne en mille…..?
Il s’agit des filles et des femmes de Zanzibar.
Alors Wald me précise qu’il n’y a pas de soucis à se faire. Lui a une copine, Lilye depuis son arrivée il y a six mois, et d’ailleurs dimanche nous avons rendez vous, pour un tour de l’île, avec elle, et une autre copine (les copines de mes copines sont mes copines) qui a envie de faire ma connaissance.
D’autre part ce soir, me précise-t-il, si j’ai envie d’une fille il suffit d’aller prendre un dernier verre au Livingstone, hôtel, restaurant, bar très sympathique avec une jolie plage. Fatigué par le voyage, et les libations, je décline la proposition de Wald, et propose de rentrer maintenant. Mais Wald insiste, et dans le fond a une conduite assez étrange, me présentant une fille disposée à passer la nuit avec moi. Devant mon refus (attention à la réunion de demain matin!) il insiste tant que je finis par trouver ça suspect. Bref nous prenons le dernier verre et rentrons à pied au Pyramide. Je marche avec difficulté, handicapé par ma hanche droite douloureuse. Au passage, au pied d’une église un groupe d’hommes nous observe, attentivement. Peut-être en charge la nuit de la sécurité de Stone Town, notre quartier ? 
A demain Wald, bonne nuit et merci encore pour cette bonne soirée.

Toujours inquiet, surtout de l’insistance de Wald au Livingstone, et du groupe qui nous a regardé passer, assommé par l’alcool, je n’ai néanmoins pas de mal à sombrer dans un lourd sommeil. Rideau, dodo.

Le matin, Wald me rejoint sur la terrasse du Pyramide, alors que je termine mon p’tit dej. Il m’invite à visiter son appartement, et ce faisant il me demande si je serais d’accord pour occuper une des deux chambres, en participant aux frais. Puis comme il va quitter bientôt le programme, je passerai alors locataire unique..Wald a en effet, un nouveau contrat avec Hydroplan, au Swaziland. Le pays dont toutes les filles et les femmes sont mariées avec le Roi.
Pour l’instant, il garde sa chambre, la plus grande bien climatisée, et j’hérite de la mienne dotée seulement d’un ventilateur au plafond et d’un lit étroit, sans drap. Une salle de bain commune.
Walt m’explique qu’il passe tous ses week-end à Zanzibar, car Pemba est une ville très islamisée, peu propice aux ébats nocturnes parce que il n’y a quasiment pas de touristes, et surtout pas de gazelles sauvages! (exception faite d’une clientèle très aisée, cantonnée dans un ou deux hôtels de grand luxe). La politique du gouvernement (situé à Zanzibar) est d’éviter à Pemba le même déferlement touristique qu’à Zanzibar. Il s’agit en effet de ne pas perturber la population, investie dans sa religion, ses traditions et ses coutumes, et restée, jusqu’à présent à l’écart du reste du monde. Du reste l’accès à Pemba était tout simplement interdit aux étrangers jusqu’à très récemment. Ça me rappelle un peu la politique du roi du Maroc, vis à vis de ses sujets du bled.
Wald me précise encore que le coût du billet hebdomadaire (aller-retour) de Pemba à Zanzibar, est pris en charge par l’entreprise chinoise Sinohydro; c’est une gracieuseté consentie par le « contrôlé au contrôleur“…Pourquoi pas?

Maintenant il est temps d’aller à notre rendez vous avec la Directrice du projet. Nous retrouvons au Mercury un de nos chauffeurs que Wald avait appelé par smartphone, avec sa Toyota camionnette Hylux, et nous nous dirigeons vers le bureau de Mme Rockia.
Je ne suis pas très en forme, après la soirée de la veille trop arrosée, mais j’ai confiance en ma tactique pour faire bonne impression;
je vais lui parler de mon CV, et terminer en soulignant ma mission passée au Sénégal, (sur un programme tout à fait semblable au nôtre), où j’avais notamment contrôlé la construction de onze châteaux d’eau, apparemment identiques à ceux qui sont prévus à Pemba. Construits par l’entreprise Henan Chine. Donc j’ai appris aussi à travailler avec les chinois. Un atout supplémentaire.

Dans ces conditions la rencontre se passe bien, Mme Rokia paraît satisfaite de son nouveau chef de mission, et nous donne rendez vous mardi matin à Pemba, pour mon introduction aux différents intervenants de la Zawa, et de l’entreprise, tous résidant sur le terrain, à Pemba.

Wald est content car ce programme lui laisse en plus du week end, le lundi de libre, comme tous les week-ends: il quitte Pemba le vendredi matin et n’y revient que le mardi matin, ce qui ne lui fait que trois jours de travail dans la semaine! Cool, n’est ce pas? Il faut dire que le séjour à Pemba, n’est pas très folichon, une fois la journée de travail effectuée.
C’est une bonne raison pour m’aligner sur le calendrier de Wali (c’est l’acronyme de Waldemar à Pemba).
Et maintenant notre chauffeur nous dépose à l’hôtel Livingstone, où sont garés les bateaux pour Prison Island. On pourra, avec Lylie qui se joint à nous, y manger après avoir visité les tortues géantes.

Après tout ça, nous allons déguster une bonne pizza à l’unique restaurant de l’île, installé dans la cour de cette fameuse prison.
Il n’y a plus de prisonniers, à moins qu’ils ne soient aux toilettes… Nous on a trouvé ce coin très sympa, et j’y reviendrai souvent le week end, pendant ma mission à Pemba.
Après le repas, à la recherche de fraîcheur, nous allons nous baigner à la plage de l’île, sable blanc aveuglant et eau translucide.
Avant de plonger dans l’océan indien, mon regard curieux s’oriente vers deux très jolies demoiselles, blanches, en bikini, allongées sur le sable, et qui me matent un max lorsque je passe devant elles.
Et puis, un peu plus tard, alors que je patauge encore un peu avant de sortir de l’eau, l’une de ces charmantes demoiselles prend son élan sur le sable, et plonge dans ma direction: elle à les seins découverts et sans me quitter des yeux, elle se précipite dans l’eau à un mètre de moi. Je suis troublé par ses jolis tétons tout menus, et qui doivent être bien agréables à palper. Elle me fixe avec une certaine arrogance.
Soudain, il me semble reconnaître son visage: c’est ça, je me souviens l’avoir déjà rencontrée cette jolie demoiselle!
Deux ans auparavant, en République Centre Africaine, alors qu’avec BB nous étions allés rendre visite à Cousta, en mission lui aussi pour Hydroplan, à propos d’inondations catastrophiques dans la capitale Bangui.
Elle travaillait alors pour Amnesty International.
Et Cousta, m’avait ménagé un rendez vous avec elle, à la fin d’une réception, organisée disait-il en mon honneur! Toujours est-il que cette réception s’était déroulée de manière agréable dans une villa au bord de l’Oubangui où logeait notre hôte, un français, Directeur du transit fluvial en RCA, c’est à dire précisait-il, sur une longueur de 200 kilomètres.
Cousta, moi, et BB, nous avions un peu parlé avec cette belle demoiselle et sa patronne. Laquelle m’avait dit que j’avais bien de la chance d’avoir une aussi jeune et jolie sénégalaise comme compagne. Et d’un air détaché: « au fait quel âge a-t-elle, votre BB? »
En tous cas, ce qui était clair, c’est que les jeunes militaires français invités à la soirée, n’avait de cesse de la dévisager et pour les plus enhardis de venir la baratiner, la draguer.

Et elle, émoustillée, par ces jeunes de son âge, et surchauffé après une discussion à part avec Amnesty International, redevient insupportable, en proie à une colère permanente après moi, et qui va me gâcher tout le reste du séjour à Bangui.

Ma douce BB

Et aujourd’hui, deux ans après cette semaine passée à Bangui, revoilà Amnesty International qui ressurgit dans ma vie, à Prison Island.
Quelques jours plus tard, à Zanzibar, je rentre dans la salle d’attente contigüe au bureau de Mme Rockya, avec laquelle j’ai un rendez vous professionnel. Quelle n’est pas ma surprise de voir, assise sur un banc la jolie demoiselle , un cahier sur les genoux, courbée en deux en train d’écrire frénétiquement un rapport, avec son stylo-bille. Pour qui ? Pour Rocky, la directrice du projet de Pemba?
Quant elle me voit entrer, vite, elle exécute une rotation de 90°, et évitant mon regard elle replonge sur son papier. Manifestement elle a rendez vous avec Rocky. Et elle lui rédige un sacré rapport..sur moi? Finalement je suis reçu en premier, mais quand je sors, ça va être son tour, à la jolie demoiselle.
Deux jours plus tard, Rocky et son adjoint Bakari, sont absents, partis paraît-il en mission express à Dar Es Salam. Mais bon dieu! qu’est-ce qu’ils ont tous après moi?


Maintenant revenons à nos moutons. Nous rentrons avec notre bateau à Zanzibar, et Waly déclare en regardant sa copine Lylie dans les yeux, qu’il est crevé et a besoin d’un bon massage. Tous les deux prennent donc congé, en me souhaitant une bonne soirée, et une bonne nuit, ça coûte pas plus cher.
« A demain matin, dimanche, pour le tour de l’île ». Et encore avec un clin d’oeil: « Xavier, tu vas pas le regretter, le tour de l’île. »

Au lieu de rentrer tranquillement à l’hôtel, je me dirige vers le Mercury, pour pour me remonter avec leur fameux cocktail. Et là, coup de chance je tombe sur une bande de fans de Freddy Mercury qui s’amusent en chantant et mimant le bestseller « Mama ». Ecoutez, et régalez vous. Quant à moi, en tapant ces lignes, je suis présent dans le bar avec eux. Ils y occupent ma place préférée!

You Tube: mercury bar bohemians

/Puis le temps passe, la nuit tombe et Waly vient me rejoindre. Puisqu’il va quitter Zanzibar dans une semaine, il me conseille de le remplacer auprès de sa dulcinée. Il me la conseille parce que selon lui, Lylie est une excellente masseuse, et aussi, c’est plus intime, une bonne baiseuse..Et du reste …A vrai dire, je la trouve un peu trop âgée, avec ses quarante ans. Je souhaiterais une compagne beaucoup plus jeune, mais bien sûr dans la limite légale. Comme d’habitude.
Nous buvons quelques verres, le temps passe, la nuit se pointe, et c’est le moment où l’orchestre du samedi soir se pointe au Mercury. La fête ne va pas tarder, et en attendant nous allons déguster des langoustes de taille, à la vanille et la rougaille. Similaires à celles que j’avais apprécié à Mayotte.
La soirée commence avec un orchestre local bien sympathique. Quand je marche, j’ai toujours mal à ma hanche, mais à la danse je me déhanche en cadence…
Je retrouve l’ambiance africaine: de la musique, des belles filles, de la danse débridée, des boissons exotiques, des sourires érotiques et malins et surtout des fous rires déridés et divins..
Avec Waly, il est temps de changer de table pour s’approcher de l’orchestre et rentrer de plein pied dans le délire musical, corporel, et charnel. Comme je suis bien en forme, je passe du coté de l’orchestre, et danse avec la chanteuse. Puis revenant sur la piste je chante avec les danseuses.
Tout le monde est content. Tout le monde danse. Tout le monde il est beau. Tout le monde il est gentil.
Et la fête continue…Waly picole, mais lui, il ne danse pas!
Ce soir il est seul, car Lylie l’attends dans son lit…Olé!

J’ai remarqué dans un coin de la terrasse à proximité de la mer une bien belle jeune tanzanienne, et je m’approche pour discuter un peu avec elle. Elle me parle d’elle, elle s’appelle Natascha (Nashua en swahili), habite à Dar Es Salam et vient souvent à Zanzibar pour les week-ends.
Alors je lui parle de moi, j’adore ça, et de île de Pemba où je vais résider pendant une année; mais étant bien décidé à passer tous les week-ends à Zanzibar, au Mercury tous les samedis soirs, et les jours fériés.
Nous ne le savons pas encore (mais on s’en doute un peu) nos destins vont se lier prochainement.
En tout cas ce ne sera pas pour ce soir: à présent, il vaut mieux rentrer, si on veut être en forme demain pour le tour de l’île.

Et puis moi, je ne couche jamais le premier soir!
Wallaye, Wali!

Alors en attendant mieux, je prends sa photo. Mais sans lui voler son âme…

Et maintenant, un peu de musique zanzibarienne. Influences orientale et arabe…

Et le lendemain Dimanche c’est le tour de l’île.

Elle s’appelle Christelle et c’est une jeune femme charmante, et souriante qui enlève ses Raybans pour me faire la bise, avant de monter sur le siège arrière de la voiture. C’est Khamis, chauffeur appointé par Sinohydro qui nous conduit, sur indication de Wald (accompagné de son égérie) vers un restaurant charmant, sis au bord de l’océan. Il est une partie intégrante d’un vieux palais omanais, en cours de réfection. Le repas rayonne d’une atmosphère amicale, détendue. C’est toujours un plaisir d’avoir de nouveaux amis, dans un monde nouveau, beau, tranquille, sans soucis du futur, ici et maintenant profitant du présent.

J’aime, coté terre, l’antique palais délabré dans lequel s’insère le restaurant, et coté mer le grand ponton en bois conduisant à un salon au dessus du gazon, qui émerge de l’horizon. Un détail inhabituel: des buissons, des arbustes, bien verts, poussant carrément dans la mer, à quelque distance du rivage.
Le repas terminé, une douce chaleur intérieure et les rayons lumineux, nous invitent à une saine baignade, et nous pataugeons un peu avant de reprendre notre tour d’île.
Nous nous arrêtons ça et là, pour des rafraîchissements exotiques, et puis voilà: accrochés aux épaules de nos compagnes, Wald et moi ne tardons pas à tituber, à marcher de travers et à zigzaguer.
Zig-Zags à Zanzibar !
Par bonheur, notre chauffeur est muslim, il ne boit pas d’alcool.
A présent la sécurité de notre quatuor ne repose plus que sur sa bonne conduite.
Enfin au soleil couchant, nous nous arrêtons sur une jolie plage, à proximité d’un débit de boisson bien sympathique. Nos compagnes ont l’air d’y être comme chez elles, et ne tardent pas à nous amener des rocking-chairs au bord de l’océan. Puis, tout près, elles allument un feu de bois sur le sable encore chaud. C’est l’heure de l’apéro…et notre taux de sang par litre d’alcool ne cesse de diminuer.

Au diable la raison, devant la lune qui se lève continuons à nous enivrer, à la santé d’Omar Rhyam, géomètre, philosophe, mathématicien et poète persan et musulman dont les quatrains retracent un mode de vie jovial, jouissif, libéral et libertin en contraste avec sa religion et son époque (XV éme siècle).

« Fais en sorte que ton prochain n’ait pas à souffrir de ta sagesse. Domine-toi toujours. Ne t’abandonne jamais à la colère. Si tu veux t’acheminer vers la paix définitive, souris au Destin qui te frappe, et ne frappe personne.

Puisque tu ignores ce que te réserve demain, efforce-toi d’être heureux aujourd’hui. Prends une urne de vin, va t’asseoir au clair de lune, et bois, en te disant que la lune te cherchera peut-être vainement, demain.

Notre trésor? Le vin. Notre palais? La taverne. Nos compagnes fidèles? La soif et l’ivresse. Nous ignorons l’inquiétude, car nous savons que nos âmes, nos coeurs, nos coupes et nos robes maculées n’ont rien à craindre de la poussière, de l’eau et du feu. »

Et avec un regard langoureux vers Christel, ma proche amoureuse:

« Rien ne m’intéresse plus. Lève-toi, pour me verser du vin! Ce soir, ta bouche est la plus belle rose de l’univers… Du vin! Qu’il soit vermeil comme tes joues, et que mes remords soient aussi légers que tes boucles!

Et puis, les braises s’assombrissent, mes yeux s’alourdissent, je suis si fatigué que Wald et ses deux copines ont du mal à m’embarquer jusqu’à la plus proche villa, où ils me laissent gisant, agonisant sur un grand lit tout blanc.
Au milieu de la nuit, je reprend connaissance. J’ai dans la tête comme un tambour battant.

Où suis-je? Qui suis-je, dans quel état j’erre?

J’ai la bouche sèche et la porte est fermée à clé.
Abruti, anéanti, je ne comprends rien; j’ai peur. Puis sur le divan, je replonge sur l’heure, dans un profond coma…

Au petit matin les chants de coqs, et les caquètements des poules me réveillent. Je sors alors par la fenêtre, et me retrouve sur la plage, face à un feu éteint. En plongeant dans l’océan, je retrouve peu à peu mes sens. Le bistrot sympa d’hier soir est toujours à la même place, je refais donc surface. Et le boss m’explique qu’un chauffeur doit venir de Zanzibar pour m’y ramener. OK, tout va bien, me voilà rassuré…Je bois deux litres d’eau citronnée pour me refaire la bouche, et je me rappelle que nous devons, Waly et moi, prendre l’avion cet après-midi pour Pemba, où m’attend une tranche de vie de plus de dix mois…qui commencera demain mardi matin par une réunion de présentation, avec Rokia, et les intervenants résidents du projet.
Mon chauffeur est arrivé, et la chambre réglée, me revoilà sur la route, direction Stone Town.

A mon arrivée, je fonce chez Wali, cette fois ci solitaire, qui m’indique que nous décollons à 16h30, ce qui nous laisse le temps de déjeuner dans un restaurant proche de notre appartement au coeur de stone town. C’est le « Traveler », un lieu qui va compter dans ma nouvelle vie, dont les briques s’assemblent ici et là, jour après jour.
Et Christel, où est-elle passée, où loge-t-elle?
J’en saurais plus quand nous serons attablés à la terrasse du « Traveller » face à l’océan indien.
Voilà, nous y sommes, Wali et moi, chacun devant une bière bien fraîche, à récupérer de nos libations de la veille.
Devant nos yeux bridés, des voiles auriques glissent, inclinées en douceur sur le bleu de l’azur. C’est la marée basse, et dans les lointains, des îles d’un blanc immaculé sortent lentement de l’eau salée; une lenteur toute hiératique.
Christelle, quant à elle, est rentrée hier soir à la maison, à l’autre bout de la ville. Pas question de la revoir donc avant le prochain week end…
Nous discutons du travail à Pemba, île donc très islamisée, et il commence à déblatérer sur les musulmans, menteurs, paresseux, voire dangereux…alors j’en profite pour indiquer à Wali que j’ai adhéré à l’Islam, quelques années auparavant, au Maroc. Il a du mal à me croire et ça n’a pas l’air de lui faire plaisir.

« Pourquoi es devenu muslim? catholique ça te suffisait pas? »
 » Ecoute j’ai épousée une musulmane, mais il me fallait me convertir avant. C’était obligatoire ».
Mais j’ai vécu avec elle un bon moment au Niger, au Mali, tout c’est très bien passé.
Par contre, vois-tu, quand nous sommes partis ensemble en vacances, en France, ça ne s’est pas bien passé du tout. A cause de la différence d’âge. Les gens disaient que je l’avais acheté à son père pour en faire mon esclave sexuelle. Ou que j’allais la mettre sur le trottoir. Et ceux qui ne disaient rien, la regardaient fixement comme s’il voulait la baiser sur le champ.

A Mayotte, une française, chef de bureau du préfet, avait essayé de détacher Bintou de mon emprise, de mon amour, en lui proposant un jeune sous-préfet attendu incessamment sous peu. Résultat: encore une tentative de suicide de Bintou, qui n’a eu la vie sauve que grâce à un jardinier qui passait par là. Je me suis d’ailleurs rendu à la préfecture dans son bureau pour lui dire ce que je pensais d’elle ! Et lui intimer de ne plus chercher à voir Bintou.. Avec menaces à l’appui.
Bla, bla,bla…
Par contre, elle ne se gênait pas pour aller se faire enfiler par des blacks de Mayotte. C’était connu elle suçait du Zan. Alors quoi!? Merde alors! C’est son droit, OK, mais qu’elle ne vienne pas se mêler de mes affaires. Compris?

Contrairement à Mayotte, Pemba, tenue à l’écart des sursauts de ce monde, s’est révélée à mes yeux, avec sa communauté musulmane, une île calme et tranquille: les hommes tôt levés (avant la prière du matin) et tôt couchés (après la prière du soir). Aimables, bienveillants, attentionnés, soucieux de nous faire connaître les leurs…etc. Quant à ceux qui travaillaient avec moi, ils se tenaient à carreau, ce que j’avais pu du reste constater dans toutes mes missions effectuées. Et le week end ils étaient contents (moyennant rétribution de ma part) de m’emmener, moi et ma compagne du moment, dans les quatre coins de l’île. Et jamais de problème! (sauf toutefois, si l’Organisation les soudoyaient).


Le vol de Zanzibar à Pemba n’a duré que 20 minutes.
Un chauffeur nous avait déposés à l’aéroport de Zanzibar.
Un chauffeur nous a récupérés à l’aéroport de Pemba.
Olé!

Encore vingt minutes de route et nous voilà à Chake Chake, la capitale de Pemba.







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